Vers un Cinéma Sauvage

Partie 7


Alors que recherchons-nous ? Un art sauvage ! Sauvage dans le sens d’indocile ! Sauvage dans le sens de déformaté ! Sauvage dans le sens de vivant ! Nous recherchons un cinéma anarchiste au sens artistique du terme. Nous aspirons à un cinéma naturel, instinctif et poétique. Un cinéma libre et libéré des diktats de la pensée-masse. Un cinéma libéré d’un académisme dont la bienséance n’a de cesse que de flirter avec le rentable. Ce cinéma sera exempt des fonctions dont il n’a cure et dans lesquelles on ne cesse de l’enfermer : didactiques, informatives, divertissantes, moralisantes… L’art se moque bien de la morale ! Nous souhaitons un cinéma libéré de toutes ces fonctions qui le musèlent et le poussent lentement à l’agonie, un cinéma refusant sa cage, un cinéma sauvage. Un cinéma qui se vit au jour le jour, tenu dans nos entrailles comme pulsion de vie et mouvement créatif. Un cinéma qui doute, se pratique, se repense sans cesse comme on affine son propre dialogue intérieur, comme on ouvre de nouveaux chemins vers le Soi, vers sa nature instinctuelle. Le cinéma que nous revendiquons est respectueux, amoureux, face à la vaste étendue des mouvements de la psyché et de la création. Il est un cinéma qui les embrasse toutes sans plus se soucier des modes et convenances. Il est un cinéma qui réaffirme la richesse et les possibles de l’homme. Un cinéma qui réinvite à l’expérience intérieure, aussi bien pour l’artiste que pour le spectateur.

À l’écart du cinéma de divertissement, le cinéma sauvage sera un cinéma du recentrement !


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