Développement inversible N&B avec du PQ universal / Ilford

Voici un texte d’Ilford pour le développement inversible noir et blanc effectué avec du PQ universal (un révélateur très courant de la marque Ilford)

INVERSION NOIR et BLANC

Principe

Rappelons-nous ce qui se passe lors du développement d’un film noir et blanc: le développateur réduit les cristaux d’halogénure d’argent exposés à la lumière en argent métallique pur. En revanche, les cristaux non insolés ou insuffisamment insolés ne subissent aucune modification : après comme avant, ils sont sensibles à la lumière. Normalement, nous faisons suivre le développement du fixage, qui transforme ces cristaux non insolés en sels solubles dans l’eau et les élimine de la couche sensible. Admettons maintenant qu’au lieu de fixer le film nous le transportions immédiatement après le développement dans un bain qui ne modifie pas les cristaux d’halogénure d’argent non insolés, mais qui aurait pour effet de dissoudre de nouveau et d’éliminer de la couche l’argent réduit. A première vue, ce mode de faire paraît absurde, mais en y regardant de plus près on s’aperçoit qu’il est parfaitement sensé. L’halogénure d’argent restant dans la couche ne contient en effet rien d’autre que les informations nécessaires pour la formation de l’image positive correspondant à l’image négative argentique que nous supposons avoir été éliminée. Exposons l’halogénure d’argent restant une nouvelle fois à une source lumineuse, puis développons-le afin de le réduire à son tour en argent noir. On appelle inversion ce procédé au cours duquel le film, après avoir subi un premier développement, passe dans un bain de blanchiment contenant un solvant de l’argent, puis, après exposition à la lumière, subit un second développement. On obtient ainsi directement une image positive transparente, une diapositive. Peut-être pensiez-vous jusqu’ici qu’une diapositive en noir et blanc ne pouvait être obtenue que par copie d’un négatif sur film positif, ou alors à l’aide d’un film «dispositif» spécial. Il n’en est rien. Il n’existe pas de films dispositifs proprement dits ; pour l’inversion, on se sert toujours de films négatifs plus ou moins «normaux».

Exposition

Sur les germes de maturation des cristaux d’halogénure d’argent se forme de l’argent photolytique invisible qui constitue l’image latente.

Premier développement

L’image latente est transformée en image négative visible. L’Ag+Br- non insolé, encore photosensible, reste dans la couche.

Blanchiment et clarification

Dans un bain d’acide chromique, l’image argentique négative est transformée en un sel d’argent soluble dans l’eau et éliminée. Ne reste dans la couche que l’Ag + Br inchangé. Le bain de clarification fait disparaître la coloration jaune de la gélatine due au bain de blanchiment.

Seconde exposition

Le film est exposé sur ses deux faces à la lumière diffuse. Dans les cristaux d’halogénure d’argent encore présents dans la couche se forment des germes de développement. Une image latente développable est née.

Second développement

L’image latente positive devient visible. Pour faire disparaître toute trace d’Ag+ Br , on prend la précaution de fixer le film.

Choix du film et des produits chimiques

Une diapositive destinée à la projection doit présenter des blancs aussi transparents que possible. Cette condition pouvait jadis être remplie sans aucune difficulté. Les films lents, en particulier, avaient un support tout à fait transparent. Pour protéger l’émulsion contre le halo, la face postérieure du support était enduite d’un vernis http://www.buy-trusted-tablets.com coloré en fonction de la sensibilisation chromatique du film. A mesure que les films devenaient plusrapides, les fabricants ont remplacé les supports entièrement transparents par des supports plus ou moins fortement teintés en gris dans la masse. Conjointement avec un vernis dorsal, cette «grey base» empêche à la perfection la formation de halos. Les films ayant une «grey base» prononcée ne conviennent pas à la confection par inversion de diapositives en noir et blanc.

Ce n’est cependant pas une raison suffisante pour renoncer à ce procédé rarement employé. Dans bien des cas, en effet, une image en noir et blanc fait parfaitement l’affaire pour la projection. Je pense surtout à certaines conférences qu’on aimerait illustrer en projetant des reproductions de documents en demi-teintes. De tels documents peuvent évidemment être reproduits sur films couleur inversibles, mais il est difficile d’obtenir des gris vraiment neutres. Et que ferez-vous si vous apprenez la veille au soir que vous aurez à donner une conférence le lendemain? Sachant comment inverser un film noir et blanc, il vous suffit de tirer rapidement les vues nécessaires sur un film ordinaire lent que vous développerez par inversion pour obtenir directement des diapositives prêtes à l’emploi. Cela ne prend que très peu de temps. Comme on ne trouve guère de films sans «grey base» sur le marché, la meilleure solution sera d’utiliser l’ILFORD Pan F, qui, de tous les films ILFORD, a le support le moins teinté. Exposez-le en réglant votre posemètre sur 50 ASA / 18 DIN.

Vous ne pourrez pas non plus employer n’importe quel révélateur. Les révélateurs négatifs normaux sont à exclure, parce qu’ils sont conçus pour fournir un contraste relativement faible. Or les diapositives de projection doivent restituer la gamme des gris avec un contraste identique à celui de l’original. Il faut donc un développement permettant d’atteindre une gradation moyenne de 1,O.

D’autre part, le bain utilisé pour le premier développement doit garantir un développement en profondeur du grain, afin que la totalité du grain d’halogénure d’argent soit réduite en argent lors du développement. En effet, si le grain n’était développé qu’en surface, il ne pourrait pas être totalement éliminé dans le bain de blanchiment, seul l’argent réduit en surface serait détruit et l’halogénure d’argent résiduel serait utilisé lors de la seconde exposition.

Pour le premier développement, c’est le PQ UNIVERSAL d’ILFORD qui conviendra le mieux. Il faudra simplement l’employer sous forme assez concentrée et l’additionner d’un peu de sulfocyanure (thiocyanate) de potassium, qui le transformera en un révélateur en profondeur très efficace.

Les divers bains

Premier développement Pour le premier développement, nous utiliserons du PQ UNIVERSAL dilué à raison de 1 + 4 avec adjonction de 3 g de sulfocyanure de potassium par litre de volume final. Vous pourrez procéder en tout temps à l’inversion d’un film au développement si vous gardez en réserve une solution à 10% de ce produit. Procurez-vous 100 grammes de sulfocyanure de potassium dans une droguerie ou une pharmacie et faites-les dissoudre dans de l’eau distillée de façon à obtenir un volume final de 1000 ml. Conservez cette solution dans une bouteille en verre brun, hors d’atteinte des enfants. Pour la préparation du révélateur, vous utiliserez les quantités ci-dessous de PQ UNIVERSAL et de solution de sulfocyanure de potassium, en fonction de la capacité de votre cuve:

Capacité de la cuve 150 300 450 500 600 1000

Dilution PQ concentré en ml 30 60 90 100 120 200

1+4 Eau ml 115 230 346 385 482 770

Sulfocyanure à 10% en ml 5 10 14 15 18 30

N’ajouter la solution de sulfocyanure de potassium qu’immédiatement avant l’emploi.

Bain de blanchiment

Le bain de blanchiment a pour tâche de transformer directement l’argent en un complexe de sels solubles dans l’eau. De très bons résultats sont obtenus avec un acide chromique faible que vous préparerez vous-même facilement:-

Bichromate de K eau q.s.p.f. acide sulfurique concentre5 g 1000 ml 5 ml

Attention: mesurez la quantité nécessaire d’acide sulfurique à l’aide d’une éprouvette graduée résistant aux acides et versez-la dans la solution diluée. Vous pouvez remplacer l’acide sulfurique concentré par de l’acide dilué. Dans ce cas vous prendrez 50 ml de solution à 1 0 % ou 20 ml de solution à 30% (acide pour accumulateurs). Le bain de blanchiment prêt à l’emploi se conserve environ une année et suffit au traitement de plus de 1 0 films.

Bain de clarification

Il sert uniquement à faire disparaître la coloration jaune de la gélatine au sortir du bain de blanchiment. Sa préparation est des plus simples: sulfite de soude anhydre    50 g eau q.s.p.f.        1000 ml

Le bain de clarification a la même durée de conservation que le bain de blanchiment et permet le traitement de la même quantité de films.

Second révélateur

Le second révélateur est également du PQ UNIVERSAL, mais cette fois sans adjonction de sulfocyanure de potassium. On le diluera à volonté entre 1 + 4 et 1 + 9.

Seconde exposition

Comme le film doit recevoir une forte lumination entre les deux développements, préparez dans votre local de traitement une lampe de 500 W.

La pratique de l’inversion

Dès que vos bains sont prêts et ont atteint la température optimale de 20° C, introduisez comme à l’accoutumée votre film exposé dans la cuve. Afin de pouvoir, le moment venu, exposer votre film à la lumière sans être obligé de le sortir de la spirale, il faut absolument que celle-ci ait des joues transparentes.

Versez maintenant le révélateur dans l’ouverture de remplissage de la cuve et renversez celle-ci durant 30 secondes. Donnez un coup sec sur la table avec le fond de la cuve pourchasser les bulles qui auraient pu se former au contact du film. Au bout de 30 autres secondes, renversez la cuve cinq fois de suite puis reposez la d’un coup sec. A partir de ce moment, contentez-vous de renverser la cuve et de la reposer sèchement une fois par minute.

La durée du développement est de 8 minutes à 20°C et doit être respectée rigoureusement. Le développement terminé, versez le révélateur et remplissez la cuve avec de l’eau. Changez l’eau cinq fois pour le lavage intermédiaire. Remplissez ensuite la cuve avec le bain de blanchiment et renversez-la une fois par minute. Le blanchiment dure 5 minutes. Reversez le bain dans la bouteille de réserve: vous pourrez le remployer. Pour le second lavage intermédiaire, remplissez et videz la cuve deux fois. Après ce lavage intermédiaire, vous pouvez sans crainte ôter le couvercle de la cuve et jeter un premier coup d’œil sur le film. Il présente un aspect bizarre: les blancs sont tout à fait transparents et l’on distingue une image positive jaunâtre. Versez maintenant le bain de clarification dans la cuve. Pour l’agitation, vous refermez la cuve afin de pouvoir la renverser, ou alors vous agitez directement la spirale avec les doigts en lui imprimant de temps en temps un léger mouvement de va-et-vient vertical. Vous constaterez que le film se «clarifie»: le dépôt jaunâtre disparaît progressivement et l’image positive devient blanche ou à peine bleuâtre. Le bain de clarification peut lui aussi servir plusieurs fois. Versez-le donc dans la bouteille de réserve.

Le lavage qui suit doit être très énergique. Le mieux est de laisser couler l’eau directement dans la cuve ouverte dont on verse périodiquement le contenu. Après environ 5 minutes de lavage, sortez la spirale et présentez-la à une distance d’un mètre à la lumière d’une lampe de 500 W. Laissez agir la lumière au minimum 1 1⁄2 minute sur chacune des faces de la spirale. N’ayez pas peur, vous ne risquez pas de surexposer. L’information qui doit donner naissance à l’image positive est déjà née lors de la première exposition du film dans J’appareil. La seconde exposition a pour seul but de rendre développable la totalité de l’halogénure encore présent dans la couche sensible. Cette seconde exposition peut intervenir, si l’on veut gagner du temps, durant le lavage intermédiaire. Si vous préférez cette méthode, placez la spirale dans un récipient large et suffisamment haut, un verre gradué par exemple, et disposez votre source de lumière au- dessus du poste de lavage. Dans ce cas également, retournez la cuvette à mi-exposition.

Le second développement dure, avec du PQ UNIVERSAL, 5 minutes à la dilution 1 + 4 et 8 minutes à la dilution 1 + 9. Faites suivre le second développement d’un bref lavage et plongez le film dans le fixateur. Certes, ce fixage est théoriquement inutile, mais on ne peut pas exclure la possibilité que des cristaux non développés d’halogénure d’argent subsistent dans la gélatine, je pense en particulier au noyau de grains développés en surface, qu’il importe d’éliminer au fixage.

Après le lavage final normal suivi du passage dans de l’eau additionnée d’un agent mouillant, le film est prêt à être séché.

Examinez également avec soin les diapositives obtenues à la suite de ce premier essai d’inversion. Montez-en quelques unes sous cadres et projetez-les. Pour l’appréciation des résultats, vous devrez vous rappeler que le sous-développement fournit des images trop denses et le surdéveloppement des images trop claires. Seules la durée du premier développement et la température du révélateur utilisé jouent un rôle, les autres bains n’exercent aucune influence. Pour le premier développement, il importe donc d’observer très méticuleusement les données relatives à la durée, à la température et à l’agitation. Contrairement au développement de négatifs, l’inversion fournit des résultats définitifs, qu’il n’est plus possible de modifier au cours d’un procédé positif.

L’exposition peut naturellement elle aussi influer sur le résultat. Si l’on est sûr que l’inversion a été correctement menée, des images trop claires résultent d’une surexposition et des images trop sombres d’une sous exposition. Si, pour une raison ou une autre, vous désirez surdévelopper le film, rappelez-vous ceci: les sous-expositions peuvent être compensées par une durée de développement prolongée.

Bain Premier développement

Lavage Blanchiment Lavage

Bain de clarification Lavage Seconde exposition Second développement Fixage

Lavage final Bain avec agent mouillant

Temps en min à 20°c 8

5×1 5 2×1

5

5 2×1 1/2 2×1 5 5

Remarques Renversement de la cuve PQ 1+4 avec adjonction de sulfocyanure de potassium

Renversement de la cuve La suite du traitement peut se faire à la lumière blanche

Peut se faire pendant le lavage PQ 1+4 sans sulfocyanure de potassium Avec fixateur rapide 2 min

JOST J. MARCHESI / ILFORD

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