Composition d’un révélateur noir et blanc

Le révélateur tient le premier rôle dans le traitement d’un film car il va permettre l’apparition de l’image latente enregistrée sur le film.

Son action principale, la réduction des sels d’argent frappés par la lumière en argent métallique, dépend essentiellement du choix du développateur.

Le révélateur est composé d’un développateur, un accélérateur, un conservateur et un anti-voile.

LES DEVELOPPATEURS

Constituant essentiel du révélateur, le développateur est un agent chimique qui va permettre la réduction des halogénures d’argent en argent métallique.

L’agent développateur a également une influence sur la structure de l’image (grain).

GENOL : (ou methol, elon, rodhol) D-76, PMK, ID-11

C’est celui qui possède la plus grande énergie réductrice. Il fait rapidement apparaître les détails et le modelé de l’image (ombres du négatif) mais ne fournit pas une densité suffisante aux parties fortement insolées (lumières du négatifs).

Conservation : le génol s’oxyde lentement et est assez peu sensible au froid et à la dilution.

HYDROQUINONE : (le « Q » du PQ UniversalUltrafinID11Microphen, LC29, HC110)

En opposition au précédent, ce réducteur donne facilement du contraste aux images et de la densité dans les hautes lumières du négatif mais possède une énergie développatrice assez faible. Souvent combiné au génol, il forme avec lui un couple harmonieux, très utilisé.

L’hydroquinone est sensible à l’action du froid, qui paralyse son activité.

PHENIDONE :

Son avantage (bien que non indispensable) est d’augmenter de façon très notable l’énergie d’autres développateurs auxquels on l’additionne. On parle alors d’un effet de ‘surradivité ».

L’hydroquinone, par exemple, régénère constamment la phénidone, en présence de sulfite de sodium.

La vitesse du développement est nettement accrue à température égale, ainsi que la constance de l’action réductrice et la conservation du révélateur.

PYROCATECHINE :

Elle se conserve bien en solution, donne des images complètes et harmonieuses, et est assez peu sensible aux écarts de température. Elle a la particularité de tanner la gélatine et d’engendrer une image secondaire colorée, renforçant les ombres du négatif.

L’ACCELERATEUR

Pour fonctionner correctement, le révélateur doit se trouver en milieu basique. La réaction de réduction des sels augmentant l’acidité, l’accélérateur a pour rôle d’augmenter le ph du révélateur.

L’accélérateur va donc maintenir le pH du révélateur à une valeur élevée et constante, ce par neutralisation de l’acide bromhydrique libéré au cours du développement.

On introduit donc dans le révélateur un des alcalis suivants :

SOUDE CAUSTIQUE :

Alcali très puissant qui sert surtout à préparer des révélateurs concentrés ou à grande énergie réductrice. Il donne des images très contrastées.

Les révélateurs composés avec de la soude se conservent mal et sont rapidement épuisés.

Attention, Cet alcali peut également ramollir la gélatine à excès.

CARBONATE DE SODIUM :

C’est l’alcali le plus utilisé dans les révélateurs aujourd’hui. Grâce à l’eau du révélateur, il produit une libération progressive de soude caustique, qui permet de maintenir une alcalinité constante et suffisante tout au long du processus de développement.

BORAX (tetraborate de sodium) :

Cet accélérateur, faiblement alcalin, entre fréquemment dans la composition de révélateurs dits « compensateurs », à grain fin, nécessitant un pH faible.

Il est souvent additionné d’acide borique, qui permet de stabiliser l’alcalinité du révélateur.

LE CONSERVATEUR (ou agent alcalin)

Un développateur est d’autant plus actif que la solution qui les contient est plus alcaline (basique) et possède donc un acheterdufrance.com pH plus élevé.(pH , abréviation de « potentiel hydrogène » neutralité = pH 7 / < 7 : solution acide >7 : solution acide . Max : 14

Les substances développatrices (génol, hydroquinone) doivent être préservées de l’action oxydante de l’air et de l’eau même en période de non activité du révélateur.

On utilise pour cela une substance conservatrice qui a pour effet de prolonger la durée de vie et l’efficacité du révélateur.

LE SULFITE DE SODIUM :

Il jour ce rôle protecteur dans la plupart de nos révélateurs modernes.

Il capte l’oxygène avant qu’il ne se fixe sur les substances développatrices et les rende inactives. Il se transforme ainsi en sulfate de sodium, inoffensif et même bénéfique pour le révélateur car il a la propriété d’empêcher le gonflement et le décollement de la gélatine qui compose la fragile émulsion dans laquelle l’image se forme.

Le sulfite possède aussi une action solvante sur les halosels d’argent, particulièrement appréciable dans le développement « grain fin ».

La quantité maximale de sulfite anhydre de sodium qu’il est possible de dissoudre dans l’eau est de 210 g /l à 10°C (ou de 280 g/l à 20°C) ; à ce taux, on obtient une solution dite saturée.

On peut remplacer le sulfite anhydre de sodium par du métabisulfite de potassium, à la condition d’en neutraliser l’acidité par addition d’alcali. Il se transforme alors en sulfite neutre.

A la même condition, on peut également utiliser du bisulfite de sodium en solution à 36°B

L’ANTI VOILE (ou agent retardateur)

Son rôle est de ralentir le développement pour mieux le contrôler et d’avoir une action antivoile.

Pour préserver les microscopiques cristaux sensibles de l’émulsion (halosels d’argent) non impressionnés de l’action réductrice des développateurs énergiques et prévenir la formation d’un voile chimique, (cause d’un grisaillement parasite de l’image) on introduit dans le révélateur neuf un antivoile, généralement du bromure de potassium.

BROMURE DE POTASSIUM :

L’action du BROMURE DE POTASSIUM est d’empêcher les substances développatrices d’agir sur les halosels d’argents n’ayant pas subit de transformation par la lumière en leur apportant des ions Bromure. Une sorte de barrière chimique est ainsi levée aux substances développatrices. Une trop forte concentration en BROMURE DE POTASSIUM retarde l’apparition de l’image. La rapidité initiale de l’émulsion employée baisse sensiblement car les détails dans les ombres ne sont plus révélés étant donné l’action protectrice du BROMURE DE POTASSIUM sur les halosels d’argent pas ou très peu impressionnés.

Gourmand en humidité, pouvant provoquer une cristallisation générale en un seul morceau. A conserver au sec donc.

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